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* Mourir pour toujours *

huitième partie  (* Mourir pour toujours *) posté le samedi 08 mars 2008 16:00

Ça y était. Elle s’était perdue. Elle ne se retrouvait plus dans ce labyrinthe de portes, de couloirs. Que lui avait dit la secrétaire ? Au bout du couloir… Oui, mais lequel ? Et ses pieds qui lui faisaient mal… Ce n’était vraiment pas son jour ! Elle s’en reprendrait à deux fois avant d’écouter les conseils divinatoires de Jaeden. « Je te promet que si tu y vas tu retrouvas une chose que tu as perdue » s’était il exclamé avec tellement de conviction qu’elle avait finit par le croire. « Mais quand ferais-je rentrer dans ma tête que la vraie vie n’est pas un compte de fée ? » pesta-t-elle contre elle même.

Il était désespérant de voir comme elle pouvait paraître naïve parfois. Ce qu’elle ne savait pourtant pas, c’était que cette naïveté, cette bonté à avoir confiance aux gens, à toujours être optimiste, était ce qui la rendait si attachante. Et cela même pour quelqu’un qui avait perdu tout espoir en tout, en tout le monde et surtout en la vie.

Sauvée ! Elle rencontrait enfin quelqu’un. A force de marcher, marcher et toujours marcher sans apercevoir âme qui vive, elle s’était demandée s’il n’y avait pas eut un virus lâché dans l’immeuble qui avait tué et ressuscité tout les employés à commencer par l’individu de la collision.

Une jeune femme, ensemble tailleur, coupe droite, couleur crème, très stricte et très chic se tenait devant la grande vitre qui donnait une vue impressionnante sur la cour centrale. Ce qui frappa Fedora chez elle au premier regard, était sa longue crinière retenue par un élastique, dont aucun cheveu ne dépassait, ce qui était miraculeux et n’arrivait jamais quand elle s’essayait au domptage de ses propres boucles.

Elle s’apprêtait à la questionner quand, elle s’aperçu qu’elle n’était pas seule et qu’elle semblait parler à quelqu’un. Quelqu’un dont elle ne pouvait voir puisque caché par le mur en angle. Fera resta sur ses positions, caché à la vue des deux et attendit. Quoi ? Elle ne saurait dire. Une chose était sûre, ses jambes refusaient de la porter jusqu’à eux.

Elle attendit et sans le vouloir, joua la voyeuse. Bien qu’elle n’entendit pas ce qui se disait, elle cru percevoir la prononciation de son prénom, comme un chuchotement qui vint lui caresser l’ouïe. « Fedora » Il avait été dit avec tellement d’émotion, de douceur… Et cette voix, elle lui était familière...

Fede se ressaisi. Elle s’en voulu encore une fois de penser autant à lui. Elle finissait par s’imaginer que c’était lui, debout en face de la jeune femme, troublé par leur ressemblance il l’avait appelé par son prénom… Pathétique se dit-elle en souriant tristement à elle même. Ne se souciant plus de savoir si elle dérangeait une conversation, Fedora se dirigea vers la jeune femme. Tournant la tête, elle entre aperçu furtivement une silhouette filer.


 Il n’aurait pas dû. Il n’aurait pas dû partir, abandonner… l’abandonner. Mais il était comme ça. A la moindre difficulté, au moindre souci, il baissait les bras. Il n’avait jamais été fort, jamais assez pour supporter le poids de la vie. Jamais ? Non, seulement depuis ces évènements. Evènements qui l’avait changé au plus profond de lui même. Salit, détruit. Vance Stranger n’était plus que l’ombre de lui même.

Ce n’était pas une si mauvaise idée que de fermer les yeux. Les fermer, ne plus jamais les rouvrir… Il disait adieu à toute cette rancœur, à tout ce dégoût, à tout son mal être, à toute cette pitié qu’il voyait dans les yeux de ceux qui savaient. Et puis, jamais il n’aurait pu être heureux. Même pas avec elle, même s’il se sentait un peu moins mauvais, un peu moins seul, un peu plus vivant… Elle, elle ne savait rien. Dans ses yeux, quand elle le regardait, il n’y avait ni crainte, ni peine, ni dégoût. Juste lui aimé et aimant. Oui, il l’aime. Il aime à nouveau et cet amour, il le savait, il ne pourrait jamais s’en défaire. Seulement l’ignorer, le mettre quelque part au plus profond des méandres de son être, le caser, lui qui lui était sûrement interdit. Ceux qui ont fait du mal, un acte impardonnable, n’avait pas droit à une vie heureuse…

Il stoppa net. Regardant de gauche à droite. Génial ! Il s’était perdu. Voilà ce qui arrivait lorsque… Et puis non, il n’allait tout de même pas prononcer son prénom encore une fois. Si ?

Vance se regarda dans la vitre d’un des bureaux. Penchant la tête légèrement sur le côté, il scruta longuement le reflet que lui renvoyait le verre : silhouette élancée au teint pâle, des cheveux bruns touchant ses épaules, des yeux bleus très clair et glacial, une cicatrice sur la joue gauche qu’il caressa du bout des doigts : une porte vers le passé.

- Je n’arrive pas à croire que tu puisses avoir si peu de goût dit une voix moqueuse derrière lui.

A suivre...

Chose promise ,chose faite! et encore désolée pour l'attente.

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- justo nueve -  (* Mourir pour toujours *) posté le jeudi 13 mars 2008 18:23

Fedora se trouvait enfin là où elle aurait dû être depuis… presque une demi heure. Devant la porte du bureau de ce fameux Nade. Celui-ci semblait avoir énormément d’humour pour avoir inscrit un tague, à l’aide de ce qui semblait être des bombes de couleurs : « Nade le suprême ». A moins qu’il est un égo surdimensionné.

- Tu frappes ?

- Euh… oui. Ah, et merci encore…

- Norine compléta-t-elle en souriant.

Sa sauveuse ! Si elle n’était pas en jupe, elle se serait sûrement mise à genoux et aurait embrassé les escarpins baby dolls de Norine. Elle avait fait bien plus que lui indiquer la direction à prendre, elle l’y avait accompagnée. Durant le chemin, elles avaient parlées et s’étaient merveilleusement bien entendu essentiellement sur le fait que les shampooings à l’olive étaient des pures merveilles capillaire. En somme une conversation très érudite.

Fedora frappa trois petits coups, priant intérieurement pour qu’elle n’ait pas à faire avec un désagréable patron mégalo et tatillon sur la ponctualité.

- Je serais bien restée avec toi vu que j’ai besoin de m’entretenir avec lui, mais, je tiens trop à ma survie… Oh, ne t’inquiète pas, il ne mange pas rajouta-t-elle devant l’air mi-interrogateur, mi- soucieux de Fedora. En fait ça dépend de son humeur dit-elle en s’éclipsant.

- Norine attends. J’ai une pochette qui…

La fin de sa phrase, tout comme la serviette rouge qu’elle tenait dans sa main, resta en suspend. La jeune fille avait filé, hilare, croyant qu’elle s’était alarmée à l’idée d’avoir devant elle un dit ogre. C’était sans la connaître, elle en avait déjà dompté des ogres, cyclope ou pas, tueur ou cannibale, ils ne la faisaient pas peur.

La porte customisée s’ouvrit, Fera tout à sa contemplation du couloir ne s’aperçu de rien. Quand elle se retourna, elle était à nouveau fermée.

*

- Nade, il y a quelqu’un pour toi dehors débita le jeune homme en se laissant choir, sans la moindre délicatesse sur le fauteuil vert.

- De qui s’agit-il ?

Il ne répondit pas, il était bien trop occupé à réfléchir à son emploie du temps futur. Comme c’était exténuant de ne rien faire ! Il tourna la tête et découvrit, surprit, quelqu’un qu’il ne pensait plus revoir, du moins, pas ici et pas après tout ça.

- Tiens, un revenant ! Ben alors, tu as perdu ta grande gueule ? demanda-t-il moqueur.

- Qui donc ? demanda Nade coupant la parole au jeune homme.

- Que veux tu que j’en sache ? Une de tes conquêtes sûrement répondit-il agacé avant de fixer, un sourire mauvais au lèvre, l’occupant du siège en face de lui.

- Pourquoi je te paie, à ton avis ?

- Pour que je ne traîne pas dans les rues comme papa te l’a demandé… Enfin, quand il était toujours normal rajouta-t-il en regardant son voisin. Celui-ci baissa la tête, terriblement gêné par ce sous-entendu. Il se mordit nerveusement la lèvre. Pourquoi fallait-il toujours qu’il le lui rappelle ?

- Ferme là Soren ordonna Nade en lâchant des yeux l’écran de son ordinateur. Ouvre-la....

- Eh ! Il faudrait savoir : je la ferme ou je l’ouvre ?

Nade soupira exaspéré. Qu’il était chiant ! Ce sale caractère était de famille…A qui ressemblait-il le plus, à son père, à lui ou à…

- Allo ? La planète Soren appelle le satellite Nade dit-il en imitant la voix métallique d’un haut parleur.

Nade releva la tête, Soren se tenait penché au dessus de lui, son air de défi scotché à son visage angélique bien plus que trompeur. Qu’allait-il encore lui demander ?

- T’y va toi-même très chère frère, il s’assit sur le rebord du bureau, je crois bien qu’elle me déteste à l’heure qu’il est.

- Tu la connais ?

- Non, il croisa les jambes, pensif. Oui. Pas vraiment. On s’est juste… heurté dans le couloir. D’ailleurs, c’est elle qui a les dossiers que tu m’as demandé.

- Comment… Il s’apprêtait à le questionner, voir à l’étrangler, mais, sentant le châtiment arriver, Soren avait préféré s’enfuir.

- Oh fait petit frère, la prochaine fois, prend une boîte de somnifères et de l’alcool…

- Je te rendrais visite lorsque je serais passé de vivant à trépas répondit celui-ci sarcastique.

- C’est trop d’honneur ! Je t’attends avec impatience… marmonna-t-il avant de partir.

 Les deux hommes se retrouvèrent à nouveau en tête à tête, ils ne dirent mot. La visite de Soren, comme toujours, avait jeté un froid. Il avait le don pour remuer le couteau dans la plaie, mais lui au moins ne jouait pas l’hypocrite, un avantage qui n’était pas négligeable.

- Quand vas-tu concéder à lui payer un maître ? lâcha l’un des deux, brisant ainsi le lourd silence qui s’était installé entre eux.

- Ne dis pas n’importe quoi répondit l’autre. Il ôta ses lunettes de vues et mordillant une des branches, se concentrait sur la manière dont il devait lui parler.

- C’est bon Nade. Ne cherche pas de midi à quatorze heures… Tu es tellement transparent que ça en est affligeant.

Touché, coulé. Il n’avait jamais su paraître aussi impassible qu’il le désirait devant lui. Dommage. Peut être aurait-il réussit il à lui faire entendre raison.

*

Cela faisait quelques, longues, minutes que Fedora attendait derrière la porte close. Depuis que le type aux cheveux rouge jais était sortit, personne. Assise sur une des chaises les plus dures qu’il lui ait donné de connaître, elle trépignait d’impatience en silence. Quand pourrait elle enfin rentrer chez elle ? Retrouver ses draps, sa couette, sa taie d’oreiller mainte et mainte fois tremper de son désespoir ? Au moins, entre les quatre murs de sa chambre elle pouvait se morfondre en toute tranquillité. Elle soupira longuement. Autant s’ennuyer dignement : elle prit son carnet et son porte mine. Dessus, elle inscrit les quatre premières phrases de sa liste pense bête :

1) Suspendre Jaeden tête en bas.

2) Offrir cette robe à l’armée du salut.

3) Balancer aux ordures la chemise rouge après avoir déchiré chaque feuilles en au moins cent morceaux.

4) Revoir Vance… lui hurler dessus à plein poumon, lui taper dessus puis l’embrasser.

Lorsque la porte s’ouvrit à la volée, elle referma le cahier automatiquement, comme si elle craignait que quelqu’un puisse lire ce qui y était inscrit. Un jeune homme en sortit, les bras chargés d’un énorme sac fourre tout. Fedora se précipita sur lui, non pas pour l’aider, mais pour lui montrer tout son mécontentement.

- Excusez moi. Ohé ! Monsieur ?

- Oui, il tourna sur lui-même afin de voir le visage de celle qui l’interpellait aussi abruptement. Fedora eut un mouvement de recule à peine visible, elle se reprit presque immédiatement, se mordant inconsciemment le creux de la joue. - Nade est il présent ?

- Oui. - Est il apte à me recevoir ? - Non, pas pour le moment…

- Et que fait il ainsi ? Il reconstruit le monde ?! Le jeune homme fronça les sourcils, contrariés. Même ça se dit-elle, la vie fait des choses vraiment étranges…

- Nade est chargé comme un buffle, à deux frères - l’un arrogant, l’autre mélomane- qui ne s’entendent pas plus que l’Irak et les Etats-Unis. de plus il a une montagne de tâches à accomplir et se fait harceler par une petite écervelée blonde de surcroît… Alors oui, il reconstruit le monde : le sien !

Sur ces phrases débitées à toute allure, il s’en alla sans plus faire attention à Fera qui était scotchée dans la même position depuis presque une minute, ce qui était un vrai record. Quelqu’un avait réussit à avoir le dernier mot, fait historique pour elle qui ne se laissait jamais avoir. A part peut être quand il s’agissait de lui…

- Entrez mademoiselle et désolée d’avoir passé mes nerfs sur vous. Elle fut surprise de le voir réapparaître et comme auparavant, elle fut troublée. Il avait fait demi-tour, s’étant quelque peu calmé, les bras toujours encombrés par des dizaines d’objets non répertoriés. Debout devant elle, il semblait embarrassé d‘une part par son chargement et d’autre part par la situation.

- Mon… frère vous fera patienter le temps que je retourne dit-il quelque peu hésitant.

Ce n’était évidemment pas dans son habitude d’agresser les gens sans raison, il avait donc décider de faire bonne figure en allant s’excuser de cette saute d’humeur. Il s’en alla à nouveau, laissant une Fedora pantois. Que penser d’un revirement d’attitude si brusque ? Si inattendue ? Elle entra dans la pièce, pensive, et s’arrêta à quelques pas du bureau où là, le fauteuil dos à elle semblait occupé. Sans doute le fameux frère se dit-elle à elle-même. Il ne s’était pas rendu compte de sa présence, ce fut l’évènement qui la décida à quitter la pièce sans plus attendre. Reculant à petits pas, elle s’arrêta dans l’encadrement de la porte.

- Bonjour, je dépose une chemise que j’ai par hasard trouvée… Non, ce n’est pas la peine de vous déranger pour moi, je ne fait que passer dit-elle vivement en s’en allant effectivement. Lorsqu’il se retourna, elle n’était déjà plus là. Seul trace de son passage, le rectangle rouge posé au-dessus du distributeur d’eau. Il n’avait pourtant pas besoin de la voir pour savoir qu’il s’agissait de…

- Fedora…


Se pourrait-il que deux êtres qui se cherchent autant, puissent se croiser sans jamais pouvoir se reconnaître à temps ? Le destin semblait se jouer d’eux dans une inlassable partie de cache-cache. Qui sera le perdant ? Qui sera le gagnant ? Quel en sera le prix ? Peut être aurait-il fallut que cette rencontre tant espérée se fasse car, sans aucun coup de force majeure qui les feraient se rencontrer, ni l’un ni l’autre ne ferait le premier pas… Et cela même s’ils se savaient proche l’un de l’autre. A trop vouloir sauvegardée sa fierté, on finit par dévier du chemin du grand rouleau et devenir des naufragés de la vie. Noms et patrimoines personnels disparaissent de ce livre qui recueille tous faits et gestes à chaque secondes de la vie de tout mortel foulant la terre. Mais sans doute que tout cela était prévu, dans un autre livre pour une autre vie, car après tout, nous avons tous le libre arbitre. Ne serait ce pas cela, mourir pour toujours ?

Fin!

{#} mot de l'auteure (peut-être définitive, je ne sais pas encore si je continue l'aventure avec ces deux têtes de mûles. Comment est ce que j'ai pu créer deux énergumènes pareils?. Bref, vous pouvez toujours me donner votre avis sur la question...) {#}

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