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- Joyeux anniversaire -

Chapitre 1 Le cadeau idéal  (- Joyeux anniversaire -) posté le mardi 11 décembre 2007 23:10

Je suis maudite.

Maltraitée.

Mal aimée.

Délaissée.

 

C’est mon anniversaire…

C’est mon anniversaire et je n’en ai rien à foutre.

Rien à foutre qu’ils le fêtent sans moi.

J’ai l’habitude.

Rien à foutre qu’ils ne me fassent pas assez confiance.

Pour me laisser seule.

Alors que j’ai 17 ans.

Jusqu’à ce soir minuit.

Que j’ai 17 ans…

Et depuis hier…

Le cœur brisé…

Les cheveux bleus…

Les cheveux coupé…

L’esprit tortueux …

Le dos tatoué…

Une croix …

Profane.

Cela fait quelques minutes à peine qu’ils ont quittés la maison. Parés de leurs plus beaux habits, ils se sont entassés dans la voiture familiale jetant à peine un coup d’œil vers moi.

Je suis invisible.

Le bas de jogging noir que je porte, deux fois trop grand pour moi puisque appartenant auparavant à mon grand cousin, me traîne jusqu’aux pieds. Je me prend souvent le pied dedans et me retrouve à terre presque aussi souvent. Parfois si j’ai de la chance, je tombe en privé, d’autres fois par contre, je m’écrase le nez contre le parquet devant tout le monde. Ils n’hésitent en aucun cas à se moquer de moi. Alors pourquoi m’obstiner à le porter ? Chase est mort. Il s’agit là, de la seule chose qu’il me reste de lui. Il n’est pas tout neuf, ni même très beau à regarder mais je m’en fiche. Quand je le porte, j’ai l’impression qu’il est là, qu’il essaye de me faire retrouver le sourire, je l’entends à nouveau me chuchoter des phrases réconfortantes…

Chase. Prénom formellement interdit dans cette famille. Je crois être la seule à l’avoir aimer. On était pareil tout les deux : des mal-aimés. Il faut bien se soutenir, dans ces cas là. Pourquoi est ce que je pense a lui ? Aujourd’hui plus exactement ? C’était le jour de mon quinzième anniversaire et, il est partit, pour toujours. Je détestais ce jour, à présent, je le hais. Il revient chaque année plus pesant que les précédentes me rappeler à quel point je suis une erreur…   J’ouvre les yeux. Couchée la tête en bas, le sang me monte à la tête. Je me redresse. M’assois. M’étire. La sonnette d’entrée résonne.

20h45 affiche la grande horloge du salon. Il est en retard.

J’ouvre la porte, personne. Serait ce encore ces monstres de gosses ? Non. Il est là, adossé à la rambarde, la cigarette au bec. Je déteste la fumée. Il ne semble pas se rendre compte de ma présence. Il veut quoi ? Que je cries ? Je claque violement la porte contre le mur, là, c’est sûr il me verra. Il tourne la tête surpri, j’aperçois son visage. La lumière de la lampe lui éclaire entièrement la face. Un blond aux yeux bleus. Il a un air qui ne m’est pas inconnu…

Le genre David Galagher. Je déteste.

Il paraît gêné. Ecrase sa cigarette sous la semelle de ses lourdes godasses, grimpe les marches et se poste devant moi. Il me dépasse de beaucoup, il faut dire que je n’ai jamais été très grande. Qu’a-t-il à me regarder ? N’a-t-il jamais vu une jeune fille aux cheveux totalement bleus ? Je m’écarte pour lui faire signe d’entrer. Je suis sûre que si je n’avais pas bougé, il serait resté planté là.

Il se colle au maximum contre l’encadrement, ce qui n’empêche, en aucun cas le contacte entre nos deux corps. Oui. Sans doute aurais-je dû, pu, me pousser... Je referme la porte et en profite pour le détailler un peu plus. Sweat noir et vert pastel à capuche, jean noir genre baggy, chaîne qui pendent à sa ceinture… Streat wear. Je déteste.

Grand, élancé, musclé. L’apollon type. Marre des dieux grecs. Ses yeux caressent chaque parcelles de la pièce, les mains dans ses poches, il pivote sur lui-même jusqu’à capter mon regard.

  - Je m’appelle Kyan dit-il avec un léger accent sorti de je ne sais où. Et toi c’est… Ava ?

Kyan ? Horrible. Il ose essayer de prendre contacte avec moi… Le fou. Sous mon silence, il se contente de sourire. Quel con…

Je n’avais pas encore remarqué, mais, il a un pansement sur la joue gauche. Un bagarreur ? Merci les parents, vous me refilez un serial killer. Si vous vouliez vous débarrassez de moi, il y avait plus facile. Il suffisait de me le demander. Je lui tourne le dos et me dirige vers les escaliers, prête à les grimpés quatre à quatre et retrouver mon antre. Il bondit et se positionne entre moi et eux, me bloquant ainsi l’accès. Du coup, je m’écrase contre son torse. Je fronce les sourcils. Qu’est ce qui lui prend ?

- T’es parents m’ont formellement interdit de te laisser seule dans ta chambre m’explique-t-il désolé.

Ah ouais ? Il ne manquerait plus que ça… Résignée, je m’affaisse sur le canapé d’angle et ferme les yeux. Quels salauds !

Quand je les ouvre à nouveau, une bonne demie heure après, une agréable odeur me vient au nez. Je me lève légèrement, sur la table de la cuisine un plateau repas. Il se permet de surcroît de s’offrir un repas au compte de mes parents. C’est la meilleure celle là ! Je me recouche dans ma position préférée, la tête en bas. Les yeux fermés, encore, j’ai la désagréable sensation d’être observée. J’écarte péniblement mes paupières et manque l’infarctus. Il est accroupi devant moi le sourire aux lèvres. Je n’ai pas du tout envi de rire moi. Que me veut il encore ?

  - J’ai préparé un truc, il se met debout, je suis son mouvement du regard et reste étonnée devant le tablier attaché autour de ses reins. Tu m’accompagnes ou tu continues à faire la tronche dans ton coin ?     

J’ai l’air de faire la tronche ? Non mais ! Comme je ne réponds pas et continue à ne pas faire la tronche, il se lève et s’en va. Vu d’en bas, il à un cul plutôt pas mal… Merde. Vade Rétro mes idées perverses ! Je reste squatter le canapé encore quelques minutes puis, contre mon grés , je me vois me lever, traverser la distance entre la cuisine et moi. Je m’assoie. Je jette un coup d’œil à l’assiette qui paraît m’être destinée. De la verdure. Ça tombe bien, je suis végétarienne. Il n’est pas là l’autre… d’ailleurs, il est où ? Son assiette est pourtant belle et bien là, elle. Et mais… Qu’est ce qui me prend ? J’en ai rien à foutre de ce qu’il fou ! J’entame lentement mais sûrement les feuilles verdâtres, les mâchouillant le plus longtemps possible. Manger, c’est tout un art surtout pour moi qui prend des lustre à finir mon repas. Quand je mangeais à la cafet’ en sa compagnie, Dorian était toujours désespéré de me voir prendre un quart d’heure pour finir entièrement un simple yaourt… Par contre, quand il s’agissait de dévorer ses lèvres, c’est sûr que ça ne prenait pas autant de temps. Mon cœur se serre légèrement. J’effleure du bout des doigts mes lèvres. Je ne devrais pas penser à lui.

Kyan débarque de nulle part et s’assoit disgracieusement sur la chaise à l’autre extrémité de la table, il empeste la cigarette. Je fronce le nez mais ne dis rien et continue à manger.

Un lourd silence s’établit entre nous. Ça ne me gêne pas outre mesure. Je n’ai pas pour habitude de parler surtout quand je n’ai rien à dire. Le blond cale son menton entres ses mains et me fixe de ces océans bleus qui lui servent d’yeux. Fixe moi tant que tu veux … Je soutien son regard sans ciller.

Tic…Tac… Tic… Tac… Cette horloge… Je l’aurais volontiers explosée. Si seulement j’avais un marteau à porté de main.

Je pousse l’assiette en porcelaine si précieuse de ma mère. Je relève la tête, mon regard s’accroche à celui de Kyan qui à présent est avachis sur la table. Il n’a pas touché à son assiette, pas une seule fois. A quoi il joue ? Comme s’il savait ce à quoi je pensais, il me dit amusé : - Tu t’es trompée d’assiette.

Comment ça ? Je regarde l’assiette que j’ai vidée puis celle en face de Kyan. Ok. Je comprends. Si je n’avais pas vu pire, j’aurais sûrement eus honte. Honte d’avoir manger comme un goinfre dans le repas d’un autre. Repas qui était très goûteux. Retour à la case départ.

 

  A nouveau couchée sur le canapé crème du salon, la tête toujours posée sur l’accoudoir, je regarde la télé sans vraiment la voir. Mon baby-sitter assit en tailleur sur le tapis adossé au canapé, lui, paraît plongé carrément dans le film. Je baisse les yeux, ah ben non… Il me regarde moi, encore. J’ai quoi de si spécial à la fin ? Et pourquoi son visage est si près du mien ? Il se rapproche… Il se rapproche ?! J’suis sensé faire quoi moi ? Ça ne se voit peut être pas sur mon visage mais, j’ai le cœur qui bat tellement fort que je m’attends à n’importe quel instant à ce qu’il me sorte du torse. Je n’y crois pas ! Je vais me faire embrasser par un type que je ne connais que depuis… deux heures ! Réveille toi Ava !

  - J’ai besoin de prendre un bain soufflais-je lorsque ses lèvres n’étaient plus qu’à quelques minimes millimètres des miennes. Autant dire que je parlais contre ses lèvres.

Il ne bouge pas et attend sans doute que je continue ma phrase. J’ai des fourmis qui s’amusent sadiquement à me remonter le dos ...

  - Vu que je n’ai pas le droit d’être seule dans une pièce close… Je recule, loin de lui, et m’assoie sur l’accoudoir du canapé.

Kyan relève la tête ; l’air sonné, il me fixe.

Tu ne pensais pas que j’aurais brisé ce moment, hein ? Et bien, moi non plus. Je resserre pudiquement mes mains sur mon sweat, les jambes contre mon torse, j’essaie de calmer les battements fous de mon cœur. Je lui en veux. Non, je m’en veux. Qu’est ce qui me prend de me laisser aller jusqu’à être sur le point d’embrasser un type que je ne connais pas ? Je suis en manque ? Oui, c’est ça. Je me sens mal, j’ai un énorme vide. Là, dans mon cœur. C’est horrible parce que… je ne croule plus sous la douleur. J’ai juste une plaie béante, indolore mais dérangeante.

 

 L’eau bouillante glisse le long de mon corps, effaçant peu à peu ma confusion. Je me remémore sans cesse la scène qui est cause de mon état émotionnel. J’avais tellement envie de goûter à ses lèvres… mais je m’y suis refusé. J’ai bien fais. Ce n’ai vraiment pas le moment de me faire sauter ou même d’y penser. Parce que bien sûr, ce baiser nous aurait irréfutablement portés leur vers l’autre, dans un tourbillon de plaisirs charnels. Je le sais. Parce que j’ai lu dans ses yeux. Parce que je me connais… « J’ai bien fais » je me le répète sans arrêt. Alors… Pourquoi ai-je cet énorme poids sur la poitrine ? Je pose mon pied sur le carrelage glacé. L’eau ruisselle de mon corps jusqu’au sol, créant bientôt une flaque presque invisible sur les carreaux blancs. Soudain, la porte s’ouvre. J’attrape rapidement ma serviette de bain que je plaque tant bien que mal sur mon corps afin de dissimuler le peu que j’ai de formes.

  - Oh ! Désolé dit-il l’air pas désolé du tout. Heum… je… Tu prenais plein de temps alors j’ai cru que…

Devant mon regard assassin, il referme rapidement la porte. Mais quel con !

Je sors de la salle de bain quelques minutes plus tard en peignoir. Je ne tente nullement le diable. C’est juste que je n’aie pas pensé à prendre mes vêtements. Et ouais, ce n’est pas tout le temps que j’ai un garde du corps à mes trousses quand je me rends dans la salle de bain. Sans même allumer la lumière, je me dirige vers mon armoire et l’ouvre au maximum. Là, j’attrape les premiers truc qui me tombent sous la main, qui veut dire, un jean et un simple pull à longues manches gris. En relevant la tête, je me rends compte que je ne suis pas seule. Dans le miroir le reflet de mon baby-sitter. Assit sur le rebord de la fenêtre, il fume tranquillement une de ses clopes, le regard dans le vague. La lueur de la lune dessine de drôles de formes sur son visage qui m’apparaît de plus en plus fermer lorsque je m’approche de lui. C’est étrange comme il paraît soudainement avoir tout les malheurs du monde sur ses épaules, lui qui m’énervait il y a peu avec ses larges sourires…

Lorsqu’il pose ses yeux sur moi, c’est de surprise qu’il les plisse. Je crois que je préfère mille fois ses sourires stupides que son regard emplit de tristesse, il me transperce le cœur. Je m’installe à côté de lui, attendant un je ne sais quoi. Il tire une taffe, lève la tête et la recrache lentement. J’en profite pour lui ôter la cigarette des mains, je l’écrase sur le mur puis balance se qui en reste par la fenêtre. Kyan suit la trajectoire de l’objet pendant que je me lève et m’éloigne de lui. Je ne vais pas très loin, sa main gauche se referme sur mon poigné m’empêchant d’avancer plus. D’un seul coup il m’attire vers lui. Il n’y met pas de force, j’aurais pu aussi bien me défaire de son emprise, pourtant je me laisse faire. Il me fait asseoir sur ses jambes, là encore je le laisse disposer de moi. C’est seulement lorsqu’il avance sa main vers mon visage que je recule. Devant ma réaction, il se contente de sourire.

  - C’est ton dix-huitième printemps aujourd’hui constate-t-il. Quel serait ton cadeau idéal ?

Je réfléchis longuement. D’abord à son expression du « dix-huitième printemps » qui ne s’utilise plus depuis que Louis XVI* à été décapité, puis, a ce que je pourrais bien répondre et même, à si je réponds ou non. Si j’étais sincère, si j’ouvrais complètement mon cœur à ce gars, je lui aurais certainement dit que ce que je désirais par-dessus tout, c’était de rejoindre Chase. Il n’y aurait rien comprit, bien sûr, il ne sait pas qu’il est mort. Je le regarde du coin de l’œil et là, seulement je sais. 

  - Une perruque dis je sarcastique en rabattant quelques mèches bleues derrière mon oreille.

Je jubile intérieurement de la gêne que prodige ma réponse. Il n’avait cas ne pas regarder ma tignasse avec autant d’insistance.

 
A suivre...

oh la faute monstrueuse! j'ai honte voilà, elle est répareé merci Tornado

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Chapitre 2 Les onze coups de minuit  (- Joyeux anniversaire -) posté le samedi 08 mars 2008 16:11

C’est marrant qu’il puisse rougir autant pour si peu. Tout en gardant mon poigné enfermé dans sa main gauche, il cherche de l’autre quelque chose dans la poche de son sweater. Je ne suis même pas étonnée de voir une petite boîte triangulaire bientôt apparaître.

- C’est mon carburant se justifie-il, je suis invivable si j’en fume pas au moins une par heure.

Si tu l’es autant que moi, ce n’est pas si terrible… Si ?

Kyan cherche tant bien que mal à prendre sa cigarette et à l’allumée, tâche que s’il voulait mon avis, est improbable avec une seule main. Enfin, pour lui. Après s’être débattu quelques minutes et sûrement parce qu’il m’a vu sourire discrètement, il abandonne. Puis, tenant mon poigné à hauteur de mes yeux, il me fixe anxieusement.

- Si je te lâche, tu ne fuiras pas, n’est ce pas ?

Si je voulais le faire, je l’aurais déjà fait tu ne crois pas ?

Je fais non de la tête. Alors, il me libère d’une lenteur calculée et me gardant dans son champ de vision, il cherche, trouve son briquet et allume sa clope. Clope qui atterrit bien rapidement dans ma main.

- Tu t’empoisonnes tu sais dis je doucement devant son air contrarié, et puis… c’est ma chambre !

- Je te jure que si je ne m’empoisonne pas… il s’arrête puis respire un grand coup. Ok. Alors je sors et tu viens avec moi m’ordone-t-il. Comment ça je viens avec lui ? Il se prend pour qui le petit… Je n’ai d’ordres à recevoir de personne ! J’y crois pas ! Il m’a tiré tout le long de l’escalier, j’ai bien faillit me casser la gueule à de nombreuses reprises. Dans la salle, il s’arrête quand même un instant, le temps d’attraper son blouson. Il avait un blouson quand il est arrivé ? Aussitôt fait, on sort de la maison et stoppons net devant les marches du perron. Je tire ma main et arrive à me libérer.

- Mais t’es malade ?! Espèce de malade !

Je me masse la main. Pauvre petite main bien mal menée par ce sauvage ! Sauvage qui ne fait pas attention à mes plaintes… Non ! Il est bien trop occupé à l’allumer, à en tirer une grande bouffée. Elle… Grisant comme « elle » peut attirer toute son attention alors que moi je suis là ! Alors que « elle » fait à peine la taille de mon annulaire, et que « elle » contrairement à moi lui ronge petit à petit l’intérieur.

Oh, mais ce qu’il y a de bien plus étrange, c’est ma façon de me comparer à une cigarette. Pathétique petite Ava qui se trouve être jalouse de la place de celle-ci, coincée entre ses lèvres si douce. Je secoue ma tête, chassant ses idées complètement inappropriées pour une fille aussi froide à ce qui l’entoure. Impassible. Même devant ces un mètre quatre-vingt qui s’avance vers moi, se place derrière moi et pose sur mes épaules son blouson alors que je grelottais face au froid.

- J’en veux pas dis-je en repoussant ses mains et par la même occasion son blouson.Si je meurs congelée se sera toi le seul responsable.

Et peut être aussi ce froid hivernal qui me caractérise en général. Kyan repose tout de même son blouson sur mes épaules et en profite pour m’entourer les épaules de ses bras.

- Je suis responsable de toi… Enfin, de ton corps, pas de ton être chuchote-t-il à mon oreille. Ici et pour l’instant.

Sans plus de formalité, il me libère et s’éloigne de quelques pas pour continuer à prendre ses taffes.

Je me laisse glisser le long de la rambarde et m’assois sur la marche tremblant comme une feuille.

Je le déteste.

Comment peut-il me mettre dans tout mes états en ne faisant que me parler, me toucher, alors que d’habitude il en faut beaucoup plus pour m’ébranler ? Et puis, qu’es ce que cette manière de converser si énigmatique ? Ici et maintenant… Il y aurait il une suite dont on ne m’aurais pas informé ?

« Sanglant et tranchant

Il te fera autre, dense

Chantant et dansant

Dans sa voix ta délivrance

Cinglante et touchante

Il t’amènera à point, trépignant

Sanglant et tranchant

Va au-delà de tes appréhensions

Effrayantes et cinglantes

Avance en n’oubliant

Dansant et courant

Que cette aversion

Touchante et Emouvante

Face à cette fin imminente »

- Eh oh… Kyan, accroupis devant moi m’interroge du regard.

Je serais bien incapable de lui répondre quoi que se soit, je n’ai strictement rien entendu de ce qu’il m’a dit auparavant. Mes oreilles résonnaient toujours de cette comptine étrange et captivante, tantôt chantée, tantôt contée, tantôt hurlée par cette voix chevrotante. Je ne m’étais pourtant pas endormis, les yeux grands ouvert, je voyais et entendais autres choses que la réalité. - Ava ?

- Oui dis-je en clignant des yeux. Tu peux… répéter s’il te plaît ? Il s’assoit à mes côtés, me scrutant plus qu’il ne l’a jamais fait. Ai- je l’air si ébranlée que je le suis réellement ? Je déteste quand ça m’arrive. Sans prévenir je suis coupée du monde… parfois je confond rêves et réalité, c’est énervant.

- Tu te sens bien ? T’es sûr ? insiste-t-il lorsque j’hoche la tête. Vraiment ? A 100% ?

- Là tu m’énerves ! m’écriais-je exaspérée.

Ce qui eut l’effet de le faire éclater de rire. Non, franchement, je ne vois pas ce qu’il y a de si drôle, j’en étais presque vexée. Pourtant, bien malgré moi, je finis par me détendre et sourire timidement.

Le blond s’arrête, il ne rit plus et, je sais qu’il cherche quelque chose à dire parce que, tout comme moi j’aime le calme, lui il l’évite. Un moment de silence qui me sert à chasser complètement ce qui me trouble, du moins pour l’instant. J’attends, assise, regardant le ciel, le paysage nocturne… partout ailleurs que lui m’épiant.

- Ava que cache tu au fond de toi ? Quelle est la raison de ces plis de tristesses ? Là, il effleure ma joue de ses doigts. Ici et… là souffle-t-il en posant délicatement ses lèvres au coin de ma bouche. Puis, il les décollent aussi vite et pose sa tête sur mon épaule. Je veux savoir, tout savoir dit-il quelques secondes plus tard.

C’est bizarre qu’il me le demande de cette manière, en ce jour, ici… C’est troublant comme des phrases identiques peuvent être dîtes par des personnes différentes à des moments semblables mais à une distance de quelques années dans le temps. Dois-je voir en ceci un message ? Ou n’est ce que le fruit du hasard ? Un hasard qui me jouerait un étrange tour sans autre but que de me faire penser à certains évènements que je garde enfermés quelque part dans mon esprit.

- Sombre idiot… murmurais-je.

- Merci. C’est le plus beau compliment que je puis espéré de toi, n’est ce pas ?

Je ne réponds pas et espère fortement que mon mutisme le découragera et qu’il me laissera tranquille. C’est ce qu’il fait, du moins, quelques minutes seulement.

- T’en aurais pas d’autre en réserve ?

- Si. Toute une collection.

Il descend d’une marche et se positionne à mes pieds.

- Toute une collection… Et, tu penses qu’elle durera jusqu’aux onze coups de minuit ?

- Onze ? S’il le faut au douzième.

Kyan se rapproche de moi sans prévenir, je recule et me retrouve couchée sur le planché. Il se glisse entre mes jambes, son corps collé au mien, ses bras m’emprisonne dans une position qui me fait frémir. J’ai froid, j’ai chaud. Ses yeux me transpercent, sa peau me brûle. Je le déteste de me savoir si bien, de pouvoir si facilement me faire sienne.

- Ne joue pas à ça le menaçais-je en le repoussant mollement.

Alors que mon corps ne semble plus vouloir me répondre correctement, mon esprit me crie que se serait pure indécence de résister. Je n’en ai d’ailleurs pas plus envie que d’éviter à nouveau son regard illuminé par cette flamme de désir à peine masqué.

- Joue avec moi Ava chuchote-t-il d’une voix suave, jouons ensemble. Il n’y a rien de mal là dedans, ce n’est que pour un soir.

- Que pour un soir…

Ses lèvres se posent délicatement sur les miennes, je ferme les yeux et me laisse porter par la sensation de ce délice qu’il me fait redécouvrir. Il les décolle brusquement, me laissant sur ma faim. Ses yeux braqués au sol, je le sens frémir, perdre un peu de sa maîtrise et c’est presque avec rage qu’il me demande :

- Tu me fais confiance ?

- Quoi ?

- Dis moi que tu me fais confiance et… Les onze coups de minuit, on y sera toute la nuit.

Je le regarde effarée. Que veut-il dire par là ? Je ne suis pas sûre de comprendre son allusion, j’en arrive même à en sourire. Peut être n’est ce qu’un de ces jeux de mots qu’il utilise si souvent. Peut être… Je n’y réfléchis pas, l’heure n’est pas à la réflexion.

- S’il te plaît Ava répète-t-il encore et encore en me suppliant presque.

J’hésite, je ne comprends pas. Mais à quoi ça me servirait de comprendre ? Après tout, je n’en ai pas besoin pour me laisser aller dans cet univers qu’il me tend. Ses yeux valent tous les motifs du monde. Et puis, ce n’est que pour un soir…

- Oui. Je te fais confiance murmurais-je à trois reprises.

Il sourit.

Pas comme avant.

Comme maintenant.

Comme quand je me retrouve assise devant lui, accroupis.

Comme lorsqu’il me tient par la main gauche.

Comme quand le sol s’écroule sous nos pieds.

Comme lorsqu’il trace autour de nous un cercle.

Comme quand apparaissent des ombres menaçantes sorties de nulle part.

Comme lorsqu’il me promets que tout se passera bien.

Comme lorsque je m’agrippe à lui, parce qu’on tombe.

Comme quand je n’ai plus de repère que sa présence.

Comme lorsque je ferme les yeux et que je les ouvre à nouveau.

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Chapitre 3 Quelque part...  (- Joyeux anniversaire -) posté le mercredi 16 avril 2008 16:53

J’ai la tête qui tourne, le cœur à l’envers, une douleur à l’estomac qui me coupe le souffle. Je ne vois et n’entends rien. Tout est noir, tout est assourdissant de silence. Malgré tout, je suis certaine de ne pas tomber dans quelque chose sans fin mais de flotter, au milieu de nulle part. Au près de moi, je sens sa présence, il n’a pas bougé, il me retient toujours par la taille tout contre lui. Je lui parle, pourtant, aucun son ne sort de ma bouche. J’ai beau hurlé, rien. Il ne semble pas plus apte à communiquer que moi. Son immobilité finie par m’inquiéter, surtout que je ne peux que le savoir là et pas le voir. Son étreinte se fait moins présente, sa main glisse le long de ma hanche jusqu’à ne plus me toucher du tout. Affolée, je m’agite et, telle une aveugle, je tâtonne à sa recherche dans ces ténèbres oppressantes. Non ! Je ne le trouve pas. Je ne le retrouve plus. Mais où est-il ? Ma peur me glace d’effroi. Ma peur me fait pleurer. Je tourne et tourne sans cesse sur moi, j’avance, je recule. Rien. J’hurle, son nom, ma terreur, mon désespoir. Un faisceau de lumière crève ce brouillard noir, m’aveugle momentanément et, un peu comme le ferait une bonne douche froide, me fait me ressaisir. Je respire un grand coup, fait abstraction de la peur qui me dévore de l’intérieur et reprend un semblant de calme. D’un revers de main, j’essuie mes larmes. Où suis-je ? Avec l’apparition cette lumière bleutée, je vois enfin ce qui m’entoure. En bas il n’y a rien d’autre que le vide, en haut par contre, une surface plane flotte. Peut être que je peux l’atteindre. Si j’ai réussis à me déplacer sur les côtés, il se pourrait que je puisse le faire également de bas en haut. Avant toute chose, je voudrais retrouver Kyan. Je fouille du regard l’immense étendue qui m’entoure. Plisse des yeux à en pleurer… Ça y est, je le vois ! A quelques mètres de moi, son corps inerte. Je l’attrape par les épaules et le secoue. Il faut qu’il se réveille, il n’est qu’inconscient, il n’est pas…mort. Il n’est pas mort. Tremblante, j’arrête de le ballotter au bout de quelques minutes. Il faut me mettre à l’évidence… il n’est avec moi que de corps. Je pose mon menton sur son épaule et le tiens fort contre moi. C’est étrange comme j’ai pu m’attacher à lui en si peu de temps. Dès la première fois que j’ai croisé ses yeux à vrai dire.

- Kyan, je t’ai fais confiance… Tu ne peux pas m’abandonner ! Je le savais, t’es qu’un idiot ! Un sombre idiot murmurais-je en pleurant.

Dès la première fois que j’ai croisé ses yeux si bleus, je savais où il m’emmènerait. Là où personne ne va jamais… Soudain, celui que je pensais parti, revient. Ses bras m’enserrent et à nouveau, je revois son sourire. Mais pas comme avant. Comme maintenant qu’il n’y a plus rien d’avant. C’est magique. Il est magique. Rien de tout ce qui m’entoure ne me semble faire partit du monde réelle. Tout est si nébuleux, si fabuleux, si coloré, si étranger pour moi. Je ne suis plus en apesanteur, mes pieds touchent le sol, celui de cette plate forme que je voyais depuis en bas. Elle est tellement grande que, j’ai l’impression qu’elle est sans fin. Des montagnes, de la faune, de la flore, voilà ce qui la fait. Des herbes et des feuilles violettes, des chats avec des ailes, des papillons deux fois plus grands que la normal, des oiseaux semblables aux phénix et une infinité d’autres créatures surprenantes tout droit sortit, pour la plupart, des mythologies. On ne peut pas faire un pas sans tomber sur ces minuscules particules qui ressemblent à s’y m’éprendre aux traînés de poudres que laisserait après elle la fée Clochette. Chaque centimètre carré est remplit d’une féerie des plus magnifique. Mes yeux, mon odorat, mon ouïe et mon touché s’exaltent devant ce spectacle que je pense unique. J’en oublierais presque de m’étonner de me trouver ici. Mais ici où ? - Qu’est ce que c’est ça ? Et ça ? Et, où sommes nous ? Pourquoi ? Comment ? Quand ? Le blond est installé sur un énorme champignon jaune, les jambes croisées, il me regarde lui tourner autour, avare de savoir. Je lui montre un arbrisseaux aux feuilles et aux branches translucides, un escargot avec une carapace carrée et de l’herbe qui au touché change de couleur. Je ne reste pas en place, cours d’un bout à l’autre à l’affût de la moindre merveille. Je m’étonne et m’amuse de tout. Bien que je me sois penchée au-dessus d’une fleur aux pétales multi couleurs, un clignement d’œil plus tard, je me retrouve devant Kyan. - Eh mais…

- Chut ! m’ordonne-t-il en fronçant les sourcils. Une question à la fois.

- Pourquoi c’est aussi étrange ici ?

- Parce que ce n’est pas autrement.

- Comment est ce qu’on a atterri ici ?

- Comme on atterri à n’importe quel autre lieu.

- Qu’est ce qu’on fait ici ? - Ce qui te plaira.

- Pourquoi est ce que tu ne réponds pas à mes questions ? demandais-je exaspérée.

- Je ne fais que ça déclare-t-il le regard malicieux. T’es fâchée ? Faut pas, surtout pas. On est ici pour toi, que pour toi.


Oui, je suis énervée de cet air satisfait qu’il affiche. Je n’aime pas me retrouver en terre inconnue et là, carrément, je suis en monde inconnu. Tout aussi spectaculaire soit-il, il reste tout de même effrayant d’atterrir dans un endroit pareil. Un endroit qu’on ne pensait possible que dans l’imaginaire. Et si j’étais devenue folle et que j’étais sujette à des hallucinations ? Comme pour me rassurer, Kyan glisse sa main dans la mienne. Je le regarde sous un tout autre jour.

- Qui es tu ?

Ma question semble le surprendre, son assurance légendaire s’effrite. Celui qui n’affichait que l’insouciance d’une domination d’informations, ne semble plus du tout à l’aise. Il a le regard fuyant et paraît hésiter à me donner une réponse. En monde inconnu avec un inconnu. Si je n’ai pas peur de lui, c’est que peut être il ne m’est plus autant étranger qu’avant.

- Tu es Kyan répondis-je à sa place, celui à qui je donne toute ma confiance, mon baby sitter. Il n’y a rien d’autre à savoir, n’est ce pas ?

Je serre sa main et le regarde dans les yeux. Une façon de le sonder, d’approuver l’impression que j’ai de lui.

- Non…

- Alors ok, le chapitre est clos. Maintenant, dis moi ce qu’on fait ici, réellement.

- Je te l’ai dis, ce que tu veux. - Soit plus clair. - Tout ce que te permet ton imagination.

- Comme par exemple manger un bout du nuage qui flotte à quelques centimètres du sol ?

- Peut être…

- Comment ça peut être ? Je croyais que tout et rien m’étais possible.

- C’est le cas.

- Alors quoi ?

Mes questions sont pourtant simple, alors pourquoi faut il qu’il réponde aussi évasivement ? Il m’énerve. Il secoue légèrement la tête, sûrement d’agacement, et m’offre son plus beau sourire. Si ça ce n’est pas un paradoxe.

- Regarde dans le creux de ma main. Que vois tu ?

Mes yeux vont de sa paume, à ses yeux. Incrédule, je suis presque sûre qu’il me prend pour une idiote. Sa main est aussi vide que la bulle de savon qui flotte sur sa tignasse.

- Vas-y, dis moi ce que tu vois.

- Rien, strictement rien.

- Maintenant…

Il m’attrape par le poigné et délicatement, fait passer ma main au dessus de celle qu’il garde ouverte depuis un moment. Je sursaute lorsque je sens au bout de mes doigts quelque chose de chaud et velue.

- Qu’es ce que… ?

- N’ais pas peur. Ce n’est qu’une fleur, un rien carnivore, je te l’accorde, mais aussi petite elle ne risque pas de t’avaler dit-il ironique.

Cette déclaration ne m’a en rien rassurée, j’ai sans tardé ôté ma main de la sienne, l’essuyant sur le pant de mon pull. J’étais entrain d’imaginer cette petite chose poilue… Il se moque un peu de mon affolement et devant mon air contrarié me fait une bise dans le coin de la bouche, ce qui a pour effet d’effacer toutes remarques ou coups sanglants de ma part.

- Voilà où je veux en venir. Cette fleur, je la vois, je peux l’entendre, la toucher et la sentir, tandis que toi, tu ne peux que la toucher. Ce nuage dont tu me parles, je serais bien incapable de te dire ou il se situe ni de quoi il à l’air. Tu comprends pourquoi ?

- Mmm… Et bien, parce que on ne peut pas avoir le même état des lieux ? Je veux dire, on a chacun la vue d’un monde qui nous est propre.

- Exactement.

Je n’en reviens pas, cet univers est encore plus fantastique que je ne l’aurais cru. Mais où sommes nous exactement ?

- Quelque part répond-t-il sans que je n’ai besoin d’ouvrir la bouche.

Oui, bien sûr, quelque part. Mais où exactement ? Il abor une moue amusé devant mon air plus qu’agacé. S’il n’avait pas ces yeux si… ouah. Cette bouche, son sourire… ça fait longtemps que je l’aurais étripé. J’ai toujours la fâcheuse impression qu’il se moque de moi et ça, je déteste ! Soit. Nous sommes « quelque part », mais… Une question que j’aurais sans doute dû me poser bien avant me titille l’esprit.

- Dis… Somme nous les seuls ?

J’ai à peine eut le temps de lui poser la question, que la réponse me saute littéralement aux yeux…

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